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mardi , 24 octobre 2017
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Esclavage : la grande diversion ou comment on nous a volé

Comme chaque année le 10 mai est l’occasion de commémorer l’abolition de l’esclavage. Depuis 3 ans à Lyon le collectif Africa 50 qui a récemment soufflé ses 5 bougies ne rate pas ce rendez-vous et organise une marche suivie de conférences sur la traite des noirs, thème dont ne raffolent pas vraiment les media. 

commémoration de l'abolition de l'escalavage

Place Jean Macé dimanche 10 mai 13h. J’ai un peu d’avance et il n’y pour le moment pas grand monde. Il faut dire que le départ est prévu pour 13h30. Un petit quart d’heure plus tard, des personnes commencent à converger : quelques élus municipaux de lyon 7 ème et lyon 8 ème entre autres, des responsables d’association appartenant au collectif, des membres, de simples sympathisants. Petit à petit il se forme une foule assez impressionnante. Du jamais vu, d’autant plus qu’elle semble grossir au fur et à mesure.  Entre temps des pancartes ont été déposées au sol. Libre à chacun de choisir celle qui lui parle le plus. Pour ma part ce sera  » à la question noire, la réponse blanche ? « . Petite photos de groupe puis, direction la salle Ravier dans le 7 ème pour un programme fort chargé.

De quoi faire oublier que les media occultent plus ou moins volontairement la traite des noirs en prétextant que l’esclavage existe encore dans ou telle partie du monde. Ils n’hésitent d’ailleurs pas à dresser une liste exhaustive de tous les types d’asservissement possibles ; tout cela pour éviter d’aborder la vraie question. Il ne leur viendrait jamais à l’idée pour tout autre crime contre l’humanité de contourner  le sujet en évoquant tous les massacres qui encore aujourd’hui se déroulent ici et là.

Paradoxalement, les prises de conscience semblent prendre de l’ampleur. Pour preuve, le déplacement du chef de l’Etat français en Martinique avec entre autres, l’inauguration du mémorial de l’esclavage. Un acte fort, qui, loin de faire l’unanimité chez les domiens, laisse dubitatif certains d’entre eux qui souhaitent aller plus loin. C’est le cas d’Eli Domota qui par  exemple, souhaite qu’à l’instar d’autres crimes, l’apologie de l’esclavage soit condamné. Autre avancée, l’UNESCO qui s’ investit fortement sur le sujet depuis dejà deux décennies. Cette année et jusqu’en 2024 l’organisme non-gouvernemental met en place « la décennie internationale pour les personnes de descendance africaine. » On peut trouver de nombreux travaux concernant la traite négrière sur le site de l’UNESCO,  en plus du projet « la route des esclaves » initié en 1994.

En somme,  parler de la Traite des noirs semble tabou malgré les diverses initiatives. Peut-être par crainte que cela ne soulève les rancoeurs, ou peut être a t-on peur de se retrouver face à ses responsabilités d’un côté comme de l’autre ? Peut-être encore ne considère t-on pas suffisamment les victimes ? Sommes-nous trop divisés pour revendiquer ? Manquons-nous de leadership ou de crédibilité ? Toutes ces questions appellent des réponses qui, le souhaite t-on, ne seront pas entièrement  « blanches. »

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