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dimanche , 16 décembre 2018
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C’est le soleil qui m’a brulée

Je dois avouer que j’ai fait deux ou trois tentatives de lecture pour ce roman. J’ai commencé à le lire il y a plus de dix ans et j’avoue avoir été découragée par la violence des mots et le manque de compréhension de la trame. Même en le relisant cette année, ce ne fut pas facile. Heureusement, en persistant, j’ai finalement compris que je m’y prenais mal. Ce roman ne se lit pas de manière linéaire. 

Calixthe Beyala est une écrivaine française d’origine camerounaise née au Cameroun en 1961. Elle a gagné plusieurs distinctions comme par exemple le Grand prix littéraire de l’Afrique Noire pour le roman Maman a un amant. Elle a aussi reçu le Grand Prix du Roman de l’Académie Française pour Les Honneurs perdus, publié en 1996, et le Grand Prix de l’Unicef pour La Petite fille du réverbère. Elle est faite chevalier des arts et des lettres en 1997 et aussi chevalier de la Légion d’honneur en 2010, promotion du 14 juillet.

Et le roman alors?

Ma revue littéraire porte sur son premier roman, C’est le soleil qui m’a brûlée. Il a été publié en 1987. Il raconte l’histoire d’Ateba et de Jean, de son attirance pour le jeune homme qui vole en éclat lorsqu’il la déçoit et qu’elle se rallie de plus en plus à la cause féminine. Ateba est pour la communauté des femmes et décrie l’insignifiance de l’homme.

Les relations amoureuses entre les hommes et les femmes sont conflictuelles dans le roman. En effet, aucune d’entre elles ne file le parfait amour. La tante d’Ateba et Yossep s’aiment passionnément jusqu’au jour de la rupture. Il ne sera qu’un amant de plus à ajouter à sa liste d’ex-copains. La mère d’Ateba, éternelle absente du roman, (j’avoue que j’ignore si elle est morte ou si elle a quitté la maison) a aussi enchaîné les relations amoureuses désastreuses. Ateba n’est pas épargnée. Elle a été attirée par Jean, mais Jean l’a déçue. Ces échecs ont généralement pour but de dire à la femme de se passer de l’homme. La narratrice et le personnage principal s’acharne contre l’homme qui est présenté comme nuisible et inutile. La narratrice commente, par exemple, les pensées d’Ateba sur les hommes. Ils sont de ceux qui détruisent, saccagent, mutilent mais réussissent à se blanchir les mains en un clin d’œil (CSB, 44)
Lors d’une scène pendant laquelle Jean tient la tête d’Ateba devant son sexe, une vérité floue s’imposa à Ateba : dans l’état actuel de l’histoire, quoi qu’elle fasse, quoi qu’elle dise, elle aura toujours tort. L’homme c’est lui. Le lecteur comprend très vite que la parole de la femme n’a pas beaucoup de poids dans cette société (CSB, 46).

Ateba est une féministe. Elle a des positions très tranchées et elle défend sa position de femme. Ainsi, quand Jean, son ancien amoureux, vient lui demander de cesser de tuer l’amour et qu’il la traite de folle, elle lui répond : ” Je devrais sans doute m’excuser d’être femme, dire toujours oui a tes ordres et merci quand tu me frappes. Tu veux que je te dise ? Tu représentes pour moi, femme, tout ce que j’exècre chez l’homme, ce mélange d’arrogance et de vanité absurde, de sérieux et d’insanité chaotique, tout ce que je vomis. ” (CSB, 124)

Messieurs, si vous êtes antiféministes, ne lisez surtout pas le roman.

Beyala, Calixthe. C’est le soleil qui m’a brûlée. Éditions Stock, 1987.

Source couverture: mediafrik.com

Muriel

Muriel

Muriel Mben est une auteure camerounaise qu'on peut classer dans la catégorie des écrivains africains de la troisème génération. Elle a écrit La dernière pluie (2013), The unruly passenger (2015) et, Un bond dans l'inconnu.
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