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jeudi , 21 septembre 2017
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Alain Mabanckou parle à la Diaspora

C’était sans doute « la rencontre » à ne pas rater pour les lyonnais. Je ne parle ni d’une star du cinéma, ni d’un illustre chanteur ni encore moins d’un footballeur. Je parle d’un écrivain que l’on connait tous sans jamais l’avoir vraiment connu : Alain Mabanckou. Que l’on aime ou pas le personnage, on ne peut lui enlever cette espèce d’aura qui semble l’entourer. Je ne verserai pas non plus dans les longues flatteries avec lesquelles il a été suffisamment arrosé le 13 septembre dernier lors de la conférence qui s’est tenue à l’IEP du Centre Berthelot, à Lyon. Sur le thème : « Comment la diaspora pourrait-elle contribuer à l’avènement de la démocratie en Afrique et en Afrique Centrale en particulier » ? L’homme de Lettres a dialogué avec son auditoire en quête de réponse. Une vraie rencontre.

alain-mabanckouC’est avec une disponibilité et une modestie déconcertante qu’Alain Mabanckou nous a fait signer de nous approcher de lui lors de la séance de dédicace de son livre le 13 septembre, en fin d’après midi à la Fnac de Bellecour. J’ai eu droit à la signification de mon prénom dans sa langue maternelle et en conséquence à une dédicace assez personnalisée. Une ou deux photos plus tard nous étions parties pour nous rendre sur les lieux de la conférence.

Une conférence pas comme les autres car loin d’être centrée sur la personne de l’orateur, elle s’est voulue (Alain Mabanckou l’a voulue) comme une occasion d’échanger et d’écouter. La diaspora aurait un rôle à jouer dans l’avènement de la démocratie en Afrique. Démocratie qui n’aurait pas forcément à copier le modèle de l’Occident mais pourrait puiser sa source dans ses valeurs traditionnelles. Car cette démocratie, et c’est la tout le paradoxe, nous a été imposée par des peuples dit démocratiques. Quant aux valeurs justement, les jeunes en seraient privés, n’ayant pas de repère, ni même d’espoir. Entre autres ceux qui devraient servir de repère, à savoir les intellectuels, lesquels ne joueraient pas leur rôle. Opportunistes et avides de postes haut placés, ils évitent la confrontation en se vendant au plus offrant (ndlr ces mêmes gouvernements qu’ils prétendaient combattre dans leur prime jeunesse) ; privant des générations entières de leaders.

L’analyse de l’écrivain est juste, la plupart d’entre nous la partage certainement. Mais de quelle diaspora parle t-on ? Il lui a été reproché à juste titre d’être désorganisée, désunie, de perpétrer les mêmes tribalismes que sur le Continent Noir, faisant ainsi le jeu des chefs de gouvernements friands de division nationale. Quelle diaspora ? Celle qui ne répond pas présent sur les questions qui la concernent directement ? Celle qui baisse la tête lorsque le débat devient houleux la portant sur le devant de la scène alors qu’elle ne souhaite que s’effacer ? Celle qui conforte dans le déni ? Celle qui ne lit pas, ne s’informe pas, ou au contraire celle des militants de bar ? « Ils ont tous fait science po » me disait une amie ; ils savent tout mieux que personne sur la situation du pays et quelle solution il faudrait adopter, mais au moment où il faut se montrer où sont-ils ? Certainement au bar, à deviser entre eux du  pourquoi du comment, trois cadavres de bière plus tard…

Une certaine jeunesse a cependant répondu présent à l’invitation d’Alain Mabanckou. Je ne dis pas qu’il n’y avait que des jeunes, mais dans ses questions ciblées, voire critiques, loin des flagorneries habituelles  ou des attaques personnelles des anciens, la jeunesse a montré qu’il ne serait plus aussi aisé de la museler ou de lui faire courber l’échine. On a encore du chemin à faire pour parvenir à une diaspora conscientisée et active. Néanmoins, il y a peut être un espoir avec cette nouvelle génération tournée vers l’Afrique, à condition de ne pas tomber dans le piège de cette espèce de posture de donneur de leçon qui consiste à écarter les Africains du contrôle de leur propre destinée en les infantilisant, au prétexte d’une sorte de supériorité consciente ou non, du simple fait d’être né(e) ou de vivre en Occident.

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