PageRank Chronique beauté noire Annuaires des sites Annuaire Web France Feminin Référencement gratuit
mercredi , 24 mai 2017
Accueil » CULTURE & SOCIÉTÉ » Adrienne Nankeu, Présidente de l’association ANIDA

Adrienne Nankeu, Présidente de l’association ANIDA

Adrienne Ntankeu, Présidente de l'association ANIDA
Adrienne Ntankeu, Présidente de l’association ANIDA

Adrienne Ntankeu est née en avril 1978 à Yaoundé, au Cameroun.A l’âge de 5 ans, à cause de son albinisme, elle est envoyée en France, chez un membre de sa famille. 
Elle connaît alors une enfance très dure, subissant continuellement humiliations et maltraitances. Prise en charge par les services sociaux à l’âge de 19 ans, ils lui offrent la possibilité de retourner durant 6 mois au Cameroun, pour renouer des liens avec sa famille.
 Elle commence ainsi à comprendre l’étendue des difficultés rencontrées par les personnes albinos en Afrique. Début 2011, révoltée par les massacres d’albinos en Afrique, elle crée l’association ANIDA.

«J’ai décidé de mener le combat, avec d’autres associations, pour défendre la cause de ces personnes. Mon combat n’est qu’une goutte d’eau dans l’océan mais je veux aider, soigner et donner de l’espoir à mes frères et sœurs dans le monde. Je veux aussi changer les mentalités et dire aux ignorants qu’être albinos n’est pas une tare.»

Chronique beauté noire : Que signifie ANIDA et quel est le but de l’association ? Quels sont les membres faisant partie de l’association ?

ANIDA : Anida signifie Association Nationale et Internationale de Défense des Albinos.Cette association à but non-lucratif a été créée pour lutter contre les difficultés d’ordre médical et social rencontrées par les personnes albinos en Afrique. Le noyaux dur de l’association est pour l’instant assez restreint puisque notre association est encore jeune : il s’agit de sa présidente, Mme Adrienne Ntankeu, et de Mlle Mélodie Appel, Directrice Artistique, qui est en charge de la communication de l’association. Autour de ce noyau gravitent plusieurs entités, tels que nos partenaires (associatifs, personnalités…), nos bénévoles (photographes, boite de production, modèles albinos…) qui nous donnent beaucoup, et nos adhérents, qui nous soutiennent et nous aide à avancer coûte que coûte dans notre combat.

Chronique beauté noire: Est-il juste de définir l’albinisme avant tout comme une maladie ? Quels sont les symptômes ? Tous les albinos souffrent-ils automatiquement des mêmes symptômes ?

ANIDA : En vérité, ce n’est pas une, mais un ensemble de maladies génétiques, que l’on regroupe sous le nom d’« albinisme ». Ces maladies se traduisent par différents symptômes dont le plus flagrant est l’absence de mélanine, qui entraine une diminution de la pigmentation des yeux, des cheveux, de la peau et des poils. Il existe trois principaux types d’albinisme:

  • L’albinisme oculaire : à l’exception des yeux, la pigmentation de la peau et des cheveux est normale.
  • L’albinisme cutané :il se manifeste par la présence de taches blanches sur la peau et par la présence de mèches de cheveux totalement blanches.
  • L’albinisme oculo-cutané :il se manifeste par l’absence totale ou partielle de pigmentation au niveau de la peau, du système pileux et des globes oculaires.

L’albinisme oculo-cutané est, parmi les anomalies cutanées d’origine génétique, 
la maladie atteignant le plus fréquemment l’espèce humaine mais aussi le règne animal.

Les problèmes principaux causés par la maladie concernent la peau et les yeux. La peau présente une sensibilité extrême à toute exposition solaire, est très susceptible de développer un cancer et manifeste des infections si elle est traitée avec négligence. Les yeux accusent une forte baisse de l’acuité, une photophobie, un nystagmus ( c’est-à-dire un mouvement involontaire des yeux ) et une myopie.

Les personnes atteintes d’albinisme souffrent toutes de ces handicaps, mais à diverses degrés (par exemple, certains sont plus myopes ou ont un nystagmus plus prononcé que d’autres).

D’autres problèmes plus rares peuvent être liées à l’albinisme comme des surdités ou des déficiences immunitaires.

Chronique beauté noire : Il semble que l’Afrique soit le continent le plus touché par l’albinisme avec en moyenne 1 albinos pour 4000 naissances contre 1 pour 20.000 dans le reste du monde. Y a-t-il une explication à cela ?

ANIDA : Certains mettent en avant l’hypothèse de la consanguinité pour expliquer ce phénomène et ce, pour deux raisons : la première est l’absence de mélange entre les différentes ethnies africaines, la seconde est le rejet social très fort subi par les personnes albinos depuis des décennies, qui les empêches de trouver un partenaire « sain », et donc de « noyer » les gênes de la maladie.

Chronique beauté noire : De manière générale, les albinos en Afrique encourent des dangers vitaux. Quels sont les pays les plus dangereux pour les albinos. 

ANIDA : Permettez nous, tout d’abord, de faire un rappel des dangers qu’ils encourent, pour informer la lectrice non avertie.

Les handicaps physiques cités plus haut entrent en jeu dans les difficultés d’intégration des albinos dans la société africaine.

D’une part le climat ensoleillé du continent est peu clément à la santé des albinos, qui ne peuvent exercer aucune activité exposée au soleil, d’autre part, la myopie prononcée et incorrigible les exclut des professions exigeantes en acuité visuelle.

Le degré d’intégration des personnes albinos dépend aussi des cultures et des croyances. Dans de nombreux milieux africains, les albinos sont considérés comme porteurs de malheur. Ils sont majoritairement marginalisés et persécutés. Il est difficile de vaincre ces préjugés, peurs et superstitions. Il existe plusieurs formes d’extermination discrètes de l’enfant, et ces méthodes sont utilisées par certains parents, parfois avec la complicité de la société.

Depuis déjà plusieurs années, à cause de croyances colportées par des sorciers selon lesquelles les albinos auraient des pouvoirs magiques, ceux-ci sont chassés, assassinés et démembrés pour préparer des potions qui sont vendues aux pêcheurs, mineurs et politiques du pays, qui les utilisent pour s’attirer la chance.

Les agressions dont les albinos sont victimes ont commencées dans la partie Ouest de la Tanzanie vers 2007, puis se sont étendu à d’autres pays limitrophes, tel que le Burundi et le Kenya. Des milliers d’albinos ne peuvent donc plus se déplacer librement pour aller travailler, étudier ou cultiver leurs potagers par crainte des chasseurs.

Chronique beauté noire :Existe-t-il des différences selon que l’on habite en ville ou en zone rurale ?

ANIDA : Il y a bien une différence selon que l’on habite en ville ou en zone rurale. En ville, la sensibilisation, l’accès à l’information, aux « soins », aux ONG  et donc à la protection est plus facile. En zone rurale, les personnes albinos se retrouvent cloitrés dans l’ignorance et la crainte. Les populations sont souvent plus défavorisées, et cette pauvreté reste en lien direct avec le rejet du à l’ignorance.

C’est d’ailleurs pourquoi on à pu constater ces dernières années un déplacement des personnes atteintes d’albinisme vers les grandes villes.

Chronique beauté noire : Selon vous, comment faire en sorte de défaire l’association albinisme/croyances ?

ANIDA : Nous devons lutter contre ces croyances encrées depuis des générations en Afrique, en combattant l’ignorance, aux travers d’actions de sensibilisation. C’est en grande partie le but de notre projet d’Exposition Photographique Itinérante entre la France et l’Afrique, qui débute ce 28 septembre 2012 à la Maison de l’Afrique, à Paris, pour partir ensuite dans cinq autres grandes villes française, puis en Afrique, dans six capitales de six pays :

En France, nous souhaitons sensibiliser la population à la maladie, ses handicaps et les difficultés sociales et médicales qu’elle engendre pour les albinos africains, récolter des fonds et des dons matériels. En Afrique, nous souhaitons amener la population à poser un regard nouveau sur l’albinisme, en leur proposant une autre vision, et en les informant sur les réalités médicales de cette maladie.

Nous souhaitons aussi aider les personnes atteintes d’albinisme à poser un autre regard sur eux-mêmes, les sensibiliser à la protection de leur capital santé et les aider en leur redistribuant le matériel que nous aurons récolté en France.

Chronique beauté noire : Tous les albinos sont-ils confrontés aux mêmes problèmes cutanés selon leur ethnicité ?

ANIDA : Ils naissent tous avec la même fragilité cutanée, liés à l’absence de mélanine. Les différences dans les degrés d’infections ou de cancers de la peau ne sont pas liées à l’ethnie mais à la position sociale et au climat du pays qu’ils habitent. Une personne albinos née dans un milieu défavorisé aura beaucoup moins accès aux soins et aux protections matérielles que nécessites sa peau, sera beaucoup moins bien informé sur les comportement à adopter pour protéger sa santé, aura plus difficilement accès à l’éducation et devra donc effectuer des taches qui nécessitent plus fréquemment de se retrouver exposer au soleil pour subvenir à ses besoins.

Une personnes albinos née en Afrique, sous un climat très ensoleillé aura donc des problèmes de peaux souvent plus prononcés qu’une personne albinos née en Europe, sous un climat plus tempéré, et un albinos issus d’un milieux aisé en Afrique sera mieux faire face à sa fragilité qu’un albinos issu d’un milieu défavorisé.

Chronique beauté noire : Quels sont les besoins en cosmétiques des personnes albinos ? Selon le pays où l’on se trouve est-il plus difficile de soigner sa peau ? Certaines crèmes sont-elles à éviter ?

Les personnes atteintes d’albinisme ont la peau très sèche et très sensible au soleil. Il leur faut donc des produits d’hygiène corporelle, des crèmes et des soins très hydratants, hypoallergéniques et traitants. Ils ont aussi grand besoin de protections solaires. Les produits à évités sont ceux qui ne sont pas ciblés « peaux sensibles ».

Chronique beauté noire : Vous avez prévu une exposition sur l’albinisme en septembre. Où serez-vous présents et quel message souhaitez-vous faire passer ? 

ANIDA : Le lancement de l’exposition itinérante se fera le vendredi 28 septembre 2012 à la Maison de l’Afrique, à Paris.

Pour l’occasion, un vernissage sera organisé le 28 au soir. Il sera accompagné d’une conférence sur l’albinisme dans le monde et les difficultés sociales et médicales engendrés par cette maladie.Des produits seront mis en vente durant toute la durée de l’exposition dans le but de récolter des fonds.
 A cette fin, des tirages des photographies exposées seront également mis aux enchères.

Nous souhaitons qu’un maximum de gens et de médias soit présent lors du vernissage et durant les trois semaines où elle sera exposée à Paris, afin de sensibiliser un maximum de personnes, d’obtenir des soutiens financiers, des sponsors français et internationaux et de récolter des dons matériels.
N’hésitez pas à parler de notre cause autour de vous, à parler du combat de l’association, et à venir nous soutenir le 28 septembre !!

Nous avons besoin de vous pour faire changer les mentalités.

Merci.

Pouir en savoir plus : www.anida.fr


Stéphanie B.

Co-fondatrice et gérante chez Chronique beauté noire
Esthéticienne indépendante à Lyon - Séances de conseils personnalisés à domicile pour améliorer votre routine beauté

Laisser un commentaire